Héroïne(s) – #3

Création 2019/2020

Dans une logorrhée verbale, elle se raconte, avec fierté. Elle, le pur produit maison. En 20 ans, elle a gravi tous les échelons. Elle dit sa capacité à impliquer une équipe, mobiliser un être dans sa totalité. Elle dit son plaisir à organiser des défis, pour faire levier par le rire : Equipe déstressée / Conflits dégoupillés / Motivation gagnée. Elle dit son infatigabilité. Pas de place pour le doute ou la fragilité. Elle dit sa capacité à révéler les talents cachés ou à les humilier pour conforter sa place et son pouvoir. Ce n’est pas du travail, c’est sa vie. Même son langage est devenu conquérant. Jusqu’aux premières failles, à l’épuisement et à l’implosion qui court-circuite la raison pure et laisse place à de la poésie brute…
Après l’alcool et l’amour, la compagnie en résidence longue Les Passeurs clôture son triptyque Héroïne(s) autour des dépendances avec une création autour de l’engloutissement au travail. Ce portrait de femme sous emprise – commande d’écriture passée à Sophie Lannefranque – soulève avec force la question des injonctions que la société nous impose et que nous nous imposons avant tout à nous-mêmes.

Texte: Sophie Lannefranque

Mise en scène: Lucile Jourdan

Jeu: Gentiane Pierre